La promesse de la 4ème de couverture

 

« En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et rêve de créer une librairie-maison d’édition à Alger. Il imagine un espace dédié à la littérature, l’amitié et la Méditerranée. Albert Camus lui offre son premier texte, Jean Giono un nom : Les Vraies Richesses. En 2017, Ryad, étudiant parisien, est recruté pour fermer la librairie algéroise sous le regard vigilant d’Abdallah, le dernier gardien des lieux. »

 

 

Extrait

« … Vous serez seul, car il faut être seul pour se perdre et tout voir. Il y a des villes, et celle-ci en fait partie, où toute compagnie est un poids. On s’y balade comme on divague, les mains dans les poches, le cœur serré. Vous grimperez les rues, pousserez les lourdes portes en bois qui ne sont jamais fermées à clé, caresserez l’impact laissé sur les murs par des balles qui ont fauché syndicalistes, artistes, militaires, enseignants, anonymes, enfants. Des siècles que le soleil se lève au-dessus des terrasses d’Alger et des siècles que nous assassinons sur ces mêmes terrasses… »

 

Mon avis

Ce livre donne la parole à Edmond Charlot, éditeur généreux et brillant quelque peu oublié qui a eu à cœur, sa vie durant, de partager sa passion pour les auteurs méditerranéens au travers des « Vraies Richesses », nom choisi pour son établissement dans l’œuvre de Giono. Les entrées (imaginées) de son journal, de juin 1935 à octobre 1961, présentent le réel intérêt de retracer sans fard le quotidien incroyable d’un éditeur/libraire/bibliothécaire, à l’héritage littéraire incontestable (Camus, Roblès, Amrouche, Yacine, etc.), d’abord à Alger, puis à Paris.

Au travers des souvenirs d’Abdallah, le vieux gardien des livres, d’une réflexion personnelle de l’auteure et du récit de Ryad, un tableau de l’Algérie, et plus particulièrement d’Alger, est ainsi brossé, dans lequel, semble-t-il, « un beignet voudra toujours plus qu’un livre » !

Si vous avez quelque intérêt pour la littérature, ce dont je ne doute pas, et pour l’histoire de l’Algérie, je vous conseille donc vivement la lecture de ce roman.