La promesse de la 4ème de couverture

« En 1988, Marianna est abattue lors d’une manifestation antisoviétique à Lviv. Restée avec ses aïeules, sa fille nous conte l’histoire de leur famille, maltraitée par les bouleversements politiques. En quête d’identité, elle se lie avec l’amant de sa mère, Miko. Artiste passionné, il lui apprend à lire la ville et l’éveille à la vie… Comme son pays, l’Ukraine, l’orpheline marche vers son émancipation. »

 

 

Extrait

« Cet hiver-là, on se déplaçait à pas lents, les semelles trop fines des chaussures en provenance de contrées aussi mythiques que la Suisse glissaient sur les congères sales qui obstruaient les trottoirs. On voyait les vieilles dames se promener avec l’un ou l’autre de leurs membres prisonnier d’un plâtre. Elles se plaignaient moins que les autres, car elles se souvenaient de temps beaucoup plus durs : la guerre, la famine, les épurations ethniques, la mort prématurée de leur mari. Leurs habitudes parfaitement rodées associées à une hiérarchisation biblique des valeurs constituaient une base de survie pour leurs descendants plus fragiles. Car dans les années 1990, la mort fauchait avant tout les quadragénaires. »

 

Mon avis

Cette saga ukrainienne raconte la vie de quatre générations de femmes, à travers la voix de l’arrière-petite-fille dont nous ne connaîtrons jamais le prénom – la mère, Marianna, soprano à l’opéra de Lviv, la grand-mère Aba et l’arrière-grand-mère Stasia. C’est une ode à la mère, symbole de la lutte antisoviétique, mais également à la ville de Lviv (inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco), dont nous découvrons au fil du récit les beautés architecturales lors de promenades de l’héroïne avec Miko.

Au-delà de l’intérêt historique, j’ai aimé l’évocation de ces femmes, telles des poupées russes imbriquées l’une dans l’autre, et leur rapport à l’art très personnel, dans une langue à la fois riche et simple. Je ne connaissais pas la littérature polonaise et ce livre m’a donné envie de la découvrir – tout comme la ville de Lviv elle-même.