Non aux tarifs low-cost !

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Depuis quelques semaines, je vois fleurir sur les groupes professionnels des témoignages de consœurs scandalisées par des annonces qui proposent des rémunérations défiant toute concurrence pour des prestations de correction, transcription, gestion administrative, etc.

J’ai moi-même refusé récemment une collaboration concernant la rédaction d’articles destinés à un blog, payés une misère… « Oui, mais vous comprenez, avec le volume, ça reste rentable pour vous ! » Voilà ce que m’a dit le blogueur en question, sans même une once de culpabilité ou de réflexion. Et d’ajouter pour enfoncer le clou, après mon refus argumenté : « De toute façon, je suis sûr que ça intéressera plein de gens ! »

En fait, il est bien là, le problème…

Se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, quelle que soit la forme d’entreprise choisie (y compris, n’en déplaise à ses détracteurs, celle de la micro-entreprise) n’est pas anodin, ce n’est pas une quelconque mode qu’on suivrait un jour, pour s’en lasser trois semaines plus tard…

Cela doit être mûrement réfléchi et construit pas à pas.

Quelles prestations proposer ? Pour qui ? Pour quel coût ? Comment ? Où ? Quel statut ? Quel régime ? Quel matériel ? Dans quel lieu ? Avec qui ? Etc., etc.

S’il existe pléthore de groupes et de forums susceptibles d’aider à trouver les réponses à toutes ces questions, cela ne suffit pas. Il faut un réel engagement et une vraie envie, il faut mesurer les avantages (il y en a…) et les inconvénients (il y en a aussi !).

  • Savoir si nous sommes capables de résister à la solitude.
  • Si nous sommes capables de nous vendre.
  • Si nous saurons gérer les baisses et les pics d’activité, inhérents à l’activité d’indépendante.

Il faut construire un business plan – et pour cela, savoir à quel prix vendre ses prestations. Bien sûr, il faut prendre en compte la concurrence… mais j’ai envie de dire, la « vraie » concurrence, la sérieuse, celle qui est là depuis plusieurs années, qui connaît son métier et qui applique de « vrais » tarifs.

Doit-on accepter n’importe quel tarif pour vivre ?

C’est sûrement ce qui est le plus compliqué… fixer ses tarifs… ni trop, ni trop peu… Il faut AB-SO-LU-MENT réussir à trouver le « juste prix », et ce pour plusieurs raisons.

La première est que si les tarifs de départ sont très bas, il va être très difficile de les augmenter – parce que les premiers clients ne vont pas comprendre ni accepter une trop grande hausse dans le futur, parce que cela va mettre en danger la pérennité de l’entreprise, parce que le signal « low cost »  qui va être envoyé risque de ternir votre image de « professionnel.le ».

La deuxième est d’ordre un peu plus général. Sachez qu’en proposant des tarifs trop bas, ce n’est pas seulement à vous que cela nuit, mais… à toute la profession et à sa crédibilité.

Accepter d’être payé.e en dessous du tarif qui permet à l’entreprise d’être rentable, c’est être dans l’obligation d’accumuler les missions, et donc, les horaires… avec le résultat final d’un travail qui va, quasi obligatoirement, en pâtir… En effet, comment délivrer une qualité optimale si l’on doit se débattre avec des problèmes de trésorerie ? Si on doit sacrifier sa vie personnelle ?

C’est impossible, vous en conviendrez avec moi !

Enfin, chers confrères et chères consœurs, une dernière chose : avant de relayer une offre, une annonce, posez-vous cette question : est-ce que vous, vous accepteriez de réaliser cette mission pour cette rémunération-là ?

Si votre réponse est non, pourquoi ne pas refuser en exposant vos arguments, sans la faire suivre ?

Ainsi, il me semble que si nous jouons tou.te.s le jeu, cela pourrait conduire à un repositionnement vers le haut qui ne pourrait qu’être profitable à notre profession – qu’en pensez-vous ?

6 Responses

  1. Elsa BLAIN

    Je suis absolument d’accord avec ton propos. Se brader n’est rendre service ni à notre profession, ni à nous-même, et cela donne une image de notre entreprise et de la profession peu reluisante. Nous sommes des professionnelles et nos services ont un coût, le coût du savoir-faire et du professionnalisme.

  2. Aurélie

    Entièrement d’accord ! Je pense aussi que dans l’esprit des gens le secrétariat reste encore comme un métier « facile », qui ne coûte pas cher etc…pourtant il faut de réelles compétences et encore plus en indépendant où l’on côtoie différents corps de métier.

  3. Christelle Renaud/CR OPTIMA

    Il y a le secrétariat d’hier, et celui d’aujourd’hui.
    Il y a par conséquent, la secrétaire d’hier, simple opératrice exécutante, et celle d’aujourd’hui, qui a cédé le pas à cette nouvelle génération de secrétaires-assistantes, spécifiquement équipée et beaucoup plus « interactive ».
    Nous avons dû étendre notre champ de connaissances, ce qui impose également que nous devions approfondir sans cesse nos compétences. Non le métier de secrétaire ne s’improvise pas et ne peut être « sous-payé ». Nous devons sans cesse étendre, augmenter et fidéliser notre clientèle souvent très diversifiée. Être sous-payée n’est donc pas négociable.

  4. ORHAN

    Bonjour ma « défenseuse des droits » préférée
    J’ en conviens . Mieux vaut démarrer haut (pour moi haut c’est normal gagner sa vie , charges d’entreprise déduites ) et négocier un pourcentage s’il y a du volume ou un projet sur plusieurs réalisations .

  5. Gilquin Margaux

    Absolument d’accord avec toi Magali. Ce qui a freiné mon « envie » de persister dans cette voie, fut justement ces prix « low cost » auxquels j’ajoute les propositions de travail sur site payées à un tarif horaire pitoyable sans tenir compte des charges que les entrepreneurs doivent supporter.

    Merci pour ce bel article.

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