La promesse de la 4ème de couverture

« La situation semble désespérée pour Thomas Zins. À presque seize ans, il redouble sa seconde et n’a encore jamais embrassé une fille. Le jour de la rentrée, ses yeux se posent sur Céline Schaller. La promesse d’un amour de légende. Thomas Zins parviendra-t-il à conquérir son cœur et perdre sa virginité par la même occasion ? Son triomphe pourrait entraîner une soif insatiable de succès érotiques… »

 

Extrait

« Ce soir, les Schaller sont allés au restaurant chez Bébert, à Aingeray, manger au bord de la Moselle des entrecôtes qui pèsent 300 grammes, accompagnées de frites maison servies à volonté. Après les pastis, le gris de Toul en pichet va couler à flots. Céline le boira coupé d’eau mais elle participera à l’hilarité grasse des humbles gens et, plus tard, bientôt, elle s’appellera Zins. Ils vont vieillir ensemble. Au long des jours, le visage de la fille que Thomas Zins aime se ridera. Ses chairs s’amolliront, ses seins charnus  s’affaisseront et ils deviendront beaux comme ceux de ses deux grands-mères, bien pourvues l’une comme l’autre de ce côté-là. Dans longtemps, tout chargés d’années, Céline et Thomas jetteront un coup d’œil en arrière. Contemplant le chemin parcouru, ils se diront l’un à l’autre : « De tout ce qui est advenu, joie ou peine, victoire ou déboire, le plus important est que, ces jours-là, nous les ayons vécus ensemble… Et il aura vaincu la mort, parce qu’il aura rempli sa mission sur cette terre : rendre Céline heureuse. »

 

Mon avis

J’avais vraiment hâte de découvrir ce pavé de 1 097 pages, au vu des critiques dithyrambiques lues un peu partout. Lors des 200 premières pages, je me replonge très vite et avec bonheur dans les années 80 avec Thomas, adolescent aux idées socialistes et aux interrogations existentielles (ou pas) de son âge… le sexe, l’amour, les amis, les fringues, la politique, « Touche pas à mon pote », etc. J’entame le chapitre XVI… moment de doute… Me voici transportée à Saigon en 1945 aux côtés du grand-père de Thomas, Paul Zins, officier de l’armée française. (Après avoir refermé le livre, j’avoue ne toujours pas avoir compris l’intérêt, sinon historique, de ces pages.)

J’avance dans ma lecture et malgré la fluidité de la langue, tour à tour crue ou soutenue, Thomas m’agace de plus en plus avec son égocentrisme, ses atermoiements (suis-je ou ne suis pas homosexuel ?), ses critiques sur Céline, ses amis, ses parents… jusqu’à l’insupportable. La chute du « triomphant » Thomas, finalement emporté par ses démons, sera cruelle.

Un petit goût de déception pour moi qui attendais beaucoup (trop, sûrement) de ce roman, mais que je vous conseille tout de même, notamment pour l’ambiance bien rendue des flamboyantes années 80 !